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1er GRAND PRIX SAR LA PRINCESSE LALLA MERYEM
SANEX-WTA 110.000 USD
du 20 au 29 Juillet 2001
Complexe Al Amal, Casablanca, MAROC

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Interview avec Mohamed M'Jdi : la journée de la femme
ce n'est pas uniquement le 8 mars
Menara, le 28/07/01

En marge du Grand Prix Lalla Meriem de tennis qui s'est ouvert ce week-end sur les courts du complexe Al Amal à Casablanca, nous avons interrogé M. Mohamed M'Jid, le président de la Fédération Royale Marocaine de Tennis (FRMT) sur le développement du tennis au Maroc.

Menara : le Maroc est aujourd'hui le premier pays arabo-africain à abriter un tournoi international féminin. Est-ce que cela veut dire que le Royaume est devenu la terre privilégiée du tennis international ?

M. M'Jid : Bien sûr. Parce que tout s'y prête et qu'il y a une bonne volonté. Il y a des gestionnaires bénévoles compétents qui se mobilisent depuis des années. Nous avons donné un élan au tennis masculin grâce au Grand Prix de Sa Majesté Hassan II, alors il est temps de donner aujourd'hui le même élan au tennis féminin. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de créer ce Grand Prix de SAR la Princesse Lalla Meriem, que Sa Majesté a une nouvelle fois de plus financé. Pour le sport marocain, la journée de la femme ce n'est pas uniquement le 8 mars, c'est tous les jours, tous les mois, tous les ans, tout le temps. La femme participe à la vie active dans notre société, il n'y a donc pas de raison de lui réserver une seule journée dans le calendrier. Aussi, nous avons créé ce Grand Prix pour permettre à la femme marocaine de s'investir dans un milieu qui lui était, à cause de certaines traditions, pratiquement fermé.

Menara : Quels sont les événements auxquels on va assister dans les prochaines années pour développer le tennis féminin au Maroc ?

M. M'Jid : Je crois que la fédération a tout fait et est arrivée à un stade pour aller de l'avant. Il faut qu'elle puisse bénéficier des installations qui lui sont propres, dans un cadre de partenariat avec la Communauté urbaine de Casablanca, afin de créer un centre international pour la préparation, la formation et le perfectionnement des équipes nationales. Parallèlement, il faut développer un sport étude qui était prévu dans le plan initial. Il faut aussi mettre en place un centre d'hébergement pour une centaine de sportifs afin de permettre à nos jeunes talents, qui sont nombreux mais éparpillés à travers le Maroc, de bénéficier des entraînements de haut niveau tout en allant à l'école. Nous ne voulons pas de champions analphabètes.

Menara : Ce centre sera-t-il exclusivement réservé aux garçons ?

M. M'Jid : Non, pour tout le monde. Pour moi, il n'y a pas de frontière entre les sexes.


Propos recueillis par Karim Dronet

Le coup d’éclat de Habiba Ifrakh
Le Matin du Sahara, le 24/07/01

Coup de tonnerre au complexe Al Amal avec le premier exploit d’une joueuse marocaine, en l’occurrence Habiba Ifrakh qui s’est ouvert les portes du second tour après un mémorable match marathon où elle a fini par l’emporter à l’usure en contraignant son adversaire, la redoutable néerlandaise Kristie Boggart à l’abandon au troisième set. pic020.jpg (6904 octets)

A ce moment là, les deux joueuses étaient à égalité, 5 jeux partout, mais alors que la R’batie affichait toujours le même enthousiasme pour aller jusqu’au bout, la Hollandaise était sur les rotules pour avoir tant donné pour repousser les assauts répétés de la Marocaine.

Cette belle victoire n’a pas manqué de donner des regrets à tous ceux qui avaient cru en les possibilités de Habiba à ses débuts mais faute d’aide et de soutien réels et permanents, et après avoir atteint les sommets du tennis local, elle a plafonné. Habiba Ifrakh et Bahia Mouhtassine sont de la même génération. Issue d’un milieu fort modeste, Habiba a dû venir en aide à sa famille en travaillant. Elle a été soutenue en début par l’ancien trésorier général de la FRMT, le dynamique Fayçal Ghissassi (qui a également sponsorisé Bahia Mouhtassine).

Bref, après un premier set concédé par manque de concentration (elle menait 4-3) en 4-6, Habiba passait à la révolte pour l’emporter au second en 7-6. Le troisième fut poignant et palpitant et au bout, Habiba l’emporta à la force de ses… jambes.

En double, Bahia Mouhtassine associée à la Suissesse Vavrinec ne pesa pas lourd et leur duo vola en éclats devant la paire Gagliardi-Nemeckova en 6-1, 6-1.

Le Dr Saïd Tazi, directeur du tournoi, ne cachait pas sa satisfaction devant la splendeur du complexe Al Amal, véritable bijou : "Avec pareille infrastructure le tennis national ne peut que progresser et j’espère que nous aurons davantage de moyens pour multiplier les événements à même de permettre à nos jeunes joueurs et joueuses de rencontrer des adversaires professionnels".

Ahmed Belkahia

Said Tazi à Menara : Un tournoi pour fêter la femme
Menara, le 23/07/01

L'organisation de la première édition du Grand Prix Lalla Meriem de tennis est placée sous la houlette de M. Saïd Tazi, membre fédéral, qui occupe la fonction de directeur du tournoi. Nous avons fait le point avec lui sur l'aspect organisationnel de ce tournoi WTA Tour Sanex. pic019.jpg (7320 octets)

Menara : Sur le plan de l'organisation, quelles ont été les contraintes imposées pour un tournoi qui dispose de cette dimension internationale ?

Saïd Tazi : C'est la première édition qui coïncide avec le troisième millénaire. Une première édition de la Femme avec un grand « F », un grand tournoi pour la femme. Par rapport au Grand Prix Hassan II, c'est pratiquement le même standing aussi bien au niveau du transport, de l'hébergement, de l'accueil, de l'assistance médicale et sécuritaire, avec en nouveauté la présence d'hôtesses impliquées dans l'organisation du tournoi. La différence avec le Grand Prix Hassan II, c'est qu'il y a une dotation même au niveau du tableau des qualifications. C'est à dire que la perdante au premier tour des qualifications du tableau de simple perçoit un peu d'argent. Au niveau de la restauration, il y a une prise en charge totale des joueuses. Au niveau de l'équipe organisationnelle, il s'agit de la même équipe que celle qui œuvre ici depuis 17 ans sur le Grand Prix Hassan II. Nous disposons ainsi d'une solide expérience.

Est-ce qu'au niveau de l'association des joueuses professionnelles (WTA) il y a les mêmes contraintes que dans un tournoi de l'ATP Tour ?

S.T : Oui. C'est à dire qu'au niveau du WTA vous avez exactement la même chose. La seule différence réside dans le fait qu'il y a une dotation de prix pour le tableau des qualifications. Les règles qui régissent les tournois féminin sont partout les mêmes dans le monde. La sécurité est notamment renforcée au niveau des vestiaires ou des salles de repos des joueuses.

Pour cette première édition du Grand Prix de SAR la Princesse Lalla Meriem, nous savons que vous avez aussi élaboré un programme spécial d'animations. Est-ce que vous pouvez nous en dévoiler quelques aspects ?

S.T : C'est vrai que pour cette première édition on voulait montrer que l'on était capable d'organiser un tournoi intéressant afin d'amener les joueuses professionnelles à venir l'année prochaine un peu plus nombreuses et mieux classées. En tout cas, je remercie celles qui sont venues participer à cette première édition. Pour donner une touche marocaine à ce tournoi, on a donc choisi de faire des séances de tatouage au henné qui ont été très appréciées par les joueuses. Au niveau de la soirée de la joueuse, on a concocté un programme original. Elles auront ainsi le plaisir d'assister à un mariage traditionnel marocain. Nous avons également prévu deux autres soirées au restaurant : l'une avec de la musique traditionnelle marocaine et des Gnaoua et l'autre avec du jazz.

En ce qui concerne la promotion de ce tournoi, quelles sont les retombées médiatiques que vous attendez de cette manifestation ?

S.T : Tout d'abord, grâce à notre partenariat avec Menara, notre tournoi a d'ores et déjà confirmé sa dimension internationale avec des informations accessibles sur le réseau Internet. Malheureusement, je regrette l'absence de la tête de série numéro 1 du tournoi, l'Espagnole Magui Serna, qui nous a fait parvenir un certificat médical. Elle s'est blessée au poignet avant de venir à Casablanca. Au niveau des médias internationaux, nous avons l'AFP (ndlr : l'Agence France Presse) qui est présent. Par ailleurs, à l'instar de l'ATP Tour, il y a un service au sein du WTA qui est en relation avec 500 journalistes à travers le monde. Donc, tous les jours on envoie par e-mail l'ensemble des résultats à ces journalistes qui sont reliés directement au site du WTA Tour.

Propos recueillis par Karim Dronet

 Le Mot du Directeur du tournoi, Dr TAZI,
Menara, le 20/07/01

Le premier tournoi féminin professionnel Sanex WTA (Women Tour Association) a lieu au complexe Al Amal du 20 au 29 juillet 2001. Organisé par la Fédération royale marocaine de tennis (FRMT), ce tournoi, baptisé Grand Prix Lalla Meryem, est doté de 110.000 dollars. "Ce tournoi est considéré comme le Grand Prix Hassan II version féminine", nous déclare son directeur Said Tazi. 

Dans un entretien accordé à Menara Sport, M.Tazi estime qu'"il était normal, après le succès du trophée Hassan II, que l'on pense à créer un tournoi féminin." 
"L'idée, nous explique-t-il, germait depuis longtemps dans les esprits, c'était un vœu pieux. Nous en avons discuté avec les responsables du WTA Tour, l'été dernier. Un responsable s'est rendu au Maroc et l'idée a été bien accueillie." 

Quatorze joueuses figurant dans les 100 premières dont Serna Magui, tête de série n°1 et 26e au classement mondial. Une bonne occasion pour les Marocaines de se confronter à des joueuses de haut de niveau.  "Le tournoi, affirme M.Tazi, a été créé en vue de donner un coup de pouce au tennis féminin national. Nous voulons que nos joueuses côtoient l'élite de ce sport." 

Le choix de la date du tournoi risque, en revanche, de poser problème, d'autant plus qu'elle coïncide avec la période estivale. Mais M.Tazi considère que, au contraire, cela constitue un grand atout. "Il y a, dit-il, beaucoup de touristes qui visitent la capitale économique du pays. On en profitera pour promouvoir le tournoi. Ce sera une fête et une bonne occasion de passer le
temps." Et d'ajouter : "Le choix de la date n'est pas fortuit. Le tournoi coïncide avec l'anniversaire de l'accession au Trône de SM le Roi Mohammed VI. Aussi, il aura lieu juste après des tournois majeurs, dont celui de Pologne. Il devra donc constituer la boucle européenne." 

Contrairement au Grand Prix Hassan II dont les matches débutent à 11h, les rencontres du Grand Prix Lalla Meryem, commenceront à 15h. Côté marocain, on suivra notamment les deux meilleures tenniswomen Bahia Mouhtassine et Habiba Ifrakh, qui ont bénéficié de Wild Card. 

M. EL AIN

WTA Grand Prix SAR Lalla Meryem de Tennis
Le Quotidien, le 26/07/01

My El Mostapha Alaoui est un lauréat de l'institut Moulay Rachid depuis 1995. Il s'est spécialisé très tôt en sport de performance et dans la préparation physique du tennis avant d'intégrer la FRMT, il es aussi le préparateur physique de Hicham Arazi.

Quelle est l'importance de la préparation physique pour un joueur de tennis ?
La préparation physique est la révolution du tennis moderne. Pour être un grand tennisman il faut automatiquement être un bon athlète pour surpasser toutes sortes d'obstacles.
Est ce qu'il y a une différence entre la préparation physique d'un homme et celle d'une femme ?


Les premières séances d'entraînements sont différentes vu la structure et la physiologie de la femme qui sont différentes par rapport à celles de l'homme. Ce dernier peut supporter plus de charge en faisant des exercices plus intenses. Mais avec le temps les femmes commencent à s'entraîner de la même manière que l'homme. Si on prend le cas de Hingis ou de Wiliams la vitesse de leur service est pareille à celle d'un joueur de tennis. Elles effectuent les mêmes séances d'entraînements que Agassi ou Sampras. A l'exception bien sûr de quelques perturbations comme des cycles menstruels, les accouchements.... En général le comportement d'un préparateur physique avec la femme n'est pas pareil que celui avec l'homme.

En tant qu'instructeur quel est votre opinion sur le Grand Prix Lalla Meryem ?
C'est une très bonne initiative. Le Grand Prix Hassan II a été la locomotive du tennis national masculin et c'est là où les trois mousquetaires, en l'occurrence Alami, Arazi et El Aynaoui ont évolué et ont acquis une grande expérience. C'est maintenant le tour de la femme d'être honorée grâce au Grand Prix Lalla Meryem qui donnera certainement ses fruits plus tard.
Propos recueillis par Ghyzlane SOULAMI